cuisine d'été

Pêches plates et burrata : l'assiette de juin qui se passe du four

Trente degrés dehors, et zéro envie d'allumer le four. Deux assiettes fraîches de juin autour des premières pêches plates et des tomates de plein champ.

Pêches plates et burrata : l'assiette de juin qui se passe du four

Fin juin, la cuisine devient un endroit qu'on a envie de fuir dès qu'il fait 30 °C dehors. Allumer le four pour un gratin relève alors de la punition, et pourtant l'envie de bien manger ne disparaît pas avec la canicule. C'est exactement le moment où les premières pêches plates débarquent sur les étals, ces fruits aplatis qu'on appelle aussi pêches de vigne ou paraguayos, et où les tomates de plein champ commencent enfin à avoir du goût. L'idée de ce mois-ci tient en une phrase : composer une assiette généreuse, fraîche, sans jamais toucher un bouton de la cuisinière.

On a tendance à ranger la pêche du côté du dessert, par habitude. C'est une erreur. Sa chair sucrée et légèrement acidulée se marie remarquablement bien avec le gras d'un fromage crémeux et le sel d'une charcuterie, exactement comme le melon le fait depuis toujours avec le jambon. La pêche plate, plus ferme et moins juteuse que sa cousine ronde, tient mieux la découpe et ne détrempe pas l'assiette. Préférez-la légèrement souple sous le doigt, jamais dure comme une balle de golf — un fruit cueilli trop tôt restera farineux quoi que vous fassiez.

Une assiette pêche-burrata pour quatre, prête en quinze minutes

Voici ce qu'il vous faut, pour quatre personnes en entrée ou deux en plat léger du soir : deux belles burratas (environ 250 g chacune), trois pêches plates bien mûres, six tranches fines de jambon cru type Bayonne ou San Daniele, une poignée de feuilles de basilic, une cuillère à soupe de miel d'acacia, deux cuillères à soupe d'huile d'olive fruitée, le jus d'un demi-citron, du poivre du moulin et de la fleur de sel.

  • Coupez les pêches en quartiers fins, sans les peler — la peau d'une pêche plate est presque imperceptible une fois le fruit mûr.
  • Posez les burratas entières au centre de chaque assiette et ouvrez-les d'un coup de couteau au moment de servir, pour que le cœur crémeux se répande.
  • Répartissez les quartiers de pêche et les tranches de jambon froissées autour.
  • Fouettez l'huile, le citron et le miel, salez à peine, et arrosez le tout. Terminez avec le basilic déchiré à la main et un tour de moulin à poivre.

Le contraste tiède-froid n'existe pas ici, et c'est voulu : tout reste à température de la cuisine, ce qui laisse les arômes du fruit s'exprimer. Une burrata sortie du réfrigérateur cinq minutes avant le service aura un goût de plastique ; sortez-la vingt minutes à l'avance, elle vous le rendra.

Le détail qui change tout : le sel

Salez la pêche, pas seulement le fromage. Une pincée de fleur de sel sur le fruit réveille son sucre et fait basculer l'assiette du dessert vers le salé. C'est le même principe que la pastèque à la feta : sans sel, c'est joli ; avec, c'est une recette.

Quand la pêche n'est pas au rendez-vous

Soyons honnêtes : trouver des pêches plates vraiment mûres avant la mi-juillet relève parfois de la loterie, et la grande distribution les vend souvent cueillies vertes pour le transport. Si les vôtres sont décevantes, ne vous entêtez pas. Une figue fraîche fait un remplaçant superbe, et l'abricot bien mûr fonctionne aussi, à condition de réduire le miel car il est déjà très sucré. La nectarine plate, quand on en trouve, donne presque le même résultat avec une peau plus lisse.

Évitez en revanche la pêche au sirop en boîte pour ce plat. Le sucre du sirop écrase tout et la texture molle ne supporte pas la comparaison avec le croquant du fruit frais. Mieux vaut changer carrément de recette que de tricher avec une conserve.

Le gaspacho de tomate, l'autre réflexe de juin

Sur le même principe du zéro cuisson, le gaspacho andalou reste le meilleur ami des soirées chaudes. La recette tient en cinq ingrédients de saison et un mixeur. Comptez un kilo de tomates bien mûres — des cœurs de bœuf ou des tomates de plein champ, surtout pas des tomates de serre insipides —, un demi-concombre, un petit poivron rouge, une gousse d'ail dégermée et un trait de vinaigre de Xérès.

Mixez le tout longuement avec une bonne rasade d'huile d'olive et une mie de pain rassis trempée, puis passez au chinois si vous aimez une texture parfaitement lisse. Mettez au frais au moins deux heures : un gaspacho tiède ne vaut rien, et il a besoin de temps pour que les saveurs se lient. Servi bien froid dans un verre, avec quelques dés de concombre et un filet d'huile sur le dessus, il remplace à lui seul l'entrée d'un dîner d'été.

Notre recommandation pour le mois : achetez vos tomates chez le maraîcher du marché plutôt qu'au supermarché, même à 4 ou 5 euros le kilo. La différence de goût entre une tomate de plein champ ramassée mûre et une tomate de serre cueillie verte est telle qu'aucune recette ne la rattrape. C'est la seule dépense qui compte vraiment dans une cuisine d'été — le reste, le four éteint s'en charge.